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La Méthode SPRI

ou : la communication sans peine.


La méthode SPRI, introduite par Louis Timbal-Duclaux (éditions RETZ) est un moyen de bâtir le plan des exposés.  Elle consiste à présenter :
- une Situation,
- un Problème,
- une Résolution,
- des Informations.
Cette méthode est générale et concerne les exposés écrits et oraux. On la complète par quelques indications sur la manière de préparer les audio-visuels des exposés oraux :
- des documents préparés, synthétiques et lisibles,
- un nombre de projections limité à 25/heure,
- des films montés et ne dupliquant pas le discours.

I - Le besoin de communiquer :
 

Dans notre vie professionnelle, nous avons tous besoin d'échanger des informations avec nos voisins.  En général, nous cherchons par là à les convaincre du bien-fondé de nos arguments et de la nécessité pour eux de se conformer à notre argumentation.
Les échanges peuvent être de nature technique, politique, personnelle ; ils sont rarement désintéressés.
Les échanges peuvent avoir lieu par écrit ou oralement, ils peuvent être formels ou non ; mais dans tous les cas, ils cherchent à capter l'attention de l'autre en vue de mieux le convaincre.

La situation revêt des aspects multiples, mais elle est la clé de la vie et du travail en société.

II - La difficulté de bien exposer :
 

Point n'est besoin d'avoir une longue expérience professionnelle pour savoir que, trop souvent, les exposés, conférences... que nous entendons, les rapports que nous lisons ne sont pas d'une clarté exemplaire.
A l'inverse, il nous est à tous arrivé de peiner sur la rédaction d'une note pour ne recueillir que des critiques car il n'est pas simple de bien rédiger et de bien exposer un problème.  Les écueils les plus fréquents sont les suivants :

a) On ne voit pas où l'auteur veut en venir,  ou bien :

b) On n'a rien retenu quand il arrive à la fin,  ou bien :

c)   On a l'impression qu'il se moque de nous.

La difficulté tient en une question de fond : comment bâtir un exposé de façon à être clair ? et en une question de forme : comment présenter un exposé de manière attrayante ?
 


III - Une approche sérieuse de solution : la méthode S P R I
   

La méthode SPRI (Situation - Problème - Résolution - Informations) complétée comme on verra, a pour finalité de fournir d'emblée un plan pour tout exposé.  Elle présente l'avantage d'être générale, mnémonique et instantanée et d'amener tout naturellement à se poser les bonnes questions :
- qui sont mes lecteurs ou mes interlocuteurs ?
- quel message suis-je censé leur transmettre ?

Elle permet aussi de classer facilement les éléments d'un exposé et donc de préparer les documents audio-visuels (illustrations, diapositives, transparents, films... ).

Enfin, la connaissance de quelques règles simples permet de faire des présentations agréables dont les récepteurs garderont un souvenir et dont l'auteur tirera peut-être un profit.
 

IV - Faire un plan d'exposé :
 

Quand nous rédigions des rédactions en classe, elles nous revenaient souvent assorties en marge d'un "faites donc un plan !" en général souligné.  Ce qui ne signifie pas qu'on nous ait enseigné comment faire ce fameux plan, à moins qu'on nous ait dit que chaque sujet était justifiable d'un plan propre, ce qui ne nous avançait pas à grand'chose.

Louis Timbal - Duclaux dans son livre " La méthode SPRI " (éditions Retz) explique que l'on peut par un simple mnémonique : SPRI complété pour la beauté de la chose en eSPRIt, tracer d'emblée un plan pour tout exposé et le rendre clair et attrayant.

e : entrée en matière : 

L'entrée en matière n'a pas de fonction technique : elle n'a qu'un rôle social et prend la forme :

- d'une préface pour un livre,
- d'un mot amical ou d'une plaisanterie pour une présentation orale.

Paradoxalement, cette partie sans importance est la plus difficile à composer, essentiellement à cause du complexe de la page blanche.  Il est donc judicieux de garder sa rédaction pour la fin.

En revanche, une fois qu'elle aura été préparée (cas d'un exposé oral), il est important de l'apprendre par coeur.  Comme elle ne comprend qu'une phrase ou deux, ce ne devrait pas être trop difficile.  Cela est efficace pour dominer le trac et éviter les "euh, ben, voilà... «  ; on se lance et c'est parti !

e comme l’entrée en matière" :

- à préparer en dernier,

- à apprendre par coeur

********************

s : Situation :

Une situation est ce qu'on appelle parfois une introduction.  Exposer une situation, c'est affirmer une vérité indéniable, sur laquelle tout l'auditoire ou tous les lecteurs se retrouvent d'accord.  C'est donc une façon simple et agréable d'aguicher le client, comme savent si bien le faire les bonimenteurs de foire.  L'idée de base est d'attirer l'attention du public, comme d'amener le badaud à s’arrêter.

Exposer une situation oblige à se poser les questions : "à qui ai-je affaire ?" et "quel message puis-je leur transmettre de manière profitable ?".  C'est d'ailleurs la première question que l'on doit poser lorsqu'on nous invite à faire un exposé : "qui composera mon public ?" (la seconde question étant "de combien de temps disposé-je ? »)

La description d'une situation doit amener logiquement au sujet de l'exposé, qui est censé amener un "plus" à l'auditoire qui est dans cette situation.

 Prenons un exemple :

Je suis invité à faire une conférence sur la couche d'ozone en haute atmosphère.

ler cas : le public est composé d'élèves de lycée et le message est de les dissuader d'employer des aérosols.  La situation consiste à dire que nous sommes tous logés à même enseigne quant aux UV et que nous ferions bien de nous en inquiéter.

2ème cas : le public est composé d'autorités du CNRS et le message est de demander des crédits de recherche.  La situation consiste à dire que la plupart des grands pays s'inquiètent du trou dans la couche d'ozone et que le sort des générations futures dépend de nous.

3ème cas : je parle à la TV et le message est de calmer les foules.  Je peux dire que les media ont abondamment parlé de la couche d'ozone et qu'il ne serait pas mauvais de faire le point.

Tout le secret est de ne pas provoquer de levée de boucliers avant que le public ne soit confortablement installé à nous lire ou nous écouter.

S comme "Situation"

- un point de départ

- un thème non controversé

********************

P : Problème :

Il est important de souligner qu'il y a un problème, sinon, à quoi bon faire un livre ou un discours ? Il est non moins essentiel d'exprimer clairement où est le problème, ou tout au moins où nous voyons un problème.

Le problème doit être en relation avec la situation précédemment évoquée, sinon où est l'unité du discours ?

A ce stade, on est dans un domaine qui peut être controversé, mais c’est la règle du jeu.

Poser le problème a pour rôle central de montrer qu'on n'enfonce pas des portes ouvertes et qu'on a un objectif précis, qui est bien sûr de suggérer une solution.

Il faut être très clair sur ce point, sinon la compréhension de la suite est compromise.

P comme "Problème" :

- une conséquence logique de la situation,

- un problème clairement posé

********************

R   : Résolution :

Dans la foulée du problème, on suggère une ou des solutions.  Un exposé ou un livre un peu technique ne doit pas être confondu avec un roman policier : il n'y a pas de place pour du suspense ! On doit abattre ses cartes tout de suite.

On a bien sûr loisir d'évoquer plusieurs solutions, pour n'en retenir qu'une et l'argumenter dans la suite.

A ce stade, la solution évoquée l'est dans ses grandes lignes, sans détails : c'est le principe d'une solution.  L'idée est d'avoir été suffisamment éloquent jusqu'à ce stade pour donner envie à l'auditoire d'entendre vos arguments.

Dans cette phase, le discours peut devenir franchement technique,

si le thème le veut.  Il va le devenir davantage encore.

R comme "Résolution" :

- Le principe d'une solution au problème,

- Evoquer et écarter rapidement les autres solutions 

********************

I : Informations :

On en arrive aux détails techniques.  Il est clair que pour un exposé très technique, cette partie est largement dominante.

Cela ne signifie pas qu'on puisse bâcler les parties ESPR !

Il est difficile de donner des conseils pour la rédaction de la partie Informations.  L'expérience montre qu'en général, c'est la plus facile à préparer.  Elle dépend beaucoup du thème choisi.

I comme "Informations" :

- la technique et les détails

******************** 

t : terminé !

Cette partie joue un rôle symétrique de l'entrée en matière ("e").

Elle est souvent mise à profit pour résumer les arguments énoncés.  Dans le cas d'un exposé oral, cette partie joue un double rôle : social et pratique.  Il est en effet important que l'auditoire ait compris que vous avez fini de parler.  Cela vous évitera d'être tenté de rajouter une phrase oubliée, qui ne ferait que semer le trouble dans les esprits.  De même que pour l'entrée en matière ("e"), on doit apprendre par coeur les 2 dernières phrases et ne plus Parler après les avoir Prononcées.

Toujours dans le cas d'un exposé oral, il faut que le public comprenne que vous avez fini.  Comme en général la claque n'est pas prévue, il faut faire un geste, comme éteindre le projecteur, poser sa baguette ou son laser, rendre le micro, à moins bien sûr que la dernière phrase ait été "je vous remercie de votre attention'

t comme "terminé' :

- montrer qu'on a fini de parler

Merci à Jean-Paul HERMANN pour cette adaptation.

Nota : nous pouvons conclure avec le Décalogue ou dix commandements destinés à qui communique :

Ton exposé prépareras
Et construiras soigneusement.

Un seul sujet tu traiteras
Evitant tous égarements.

Ce que le plus tu soigneras
Ce sera ton commencement.

L'auditeur tu respecteras.
C'est lui, non toi, l'homme important.

Le style aussi point n'oublieras.
T'y exerçant assidûment.

Des transparents tu montreras
Mais sans excès, et posément.

Au public tu t'adresseras,
Pas au tableau, ni à l'écran

Au temps prescrit tu te tiendras,
Si bref soit-il, farouchement.

Aux questi-ons tu répondras,
Sans éluder, brièvement.

Un bon repos alors prendra
Car tout cela est épuisant.

 

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